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Eléphants : attention, ça déménage

 
3,2 millions de dollars. C’est le prix du plus grand déplacement d’animaux jamais entrepris par l’homme ! Le but : transporter 400 éléphants de leur réserve Kenyanne surpeuplée vers un parc plus spacieux à quelques centaines de kilomètres de là.
Shimba hills et ses vertes collines boisées a tout d’un paradis. En 1994, les agriculteurs kenyans abandonnent 60 000 hectares adjacents à la réserve aux éléphants, une espèce sous haute surveillance suite au dramatique déclin dû au braconnage pour le trafic d’ivoire et aux sécheresses répétitives dans le pays. Au début des années 1990, près de 87 % de la population de pachydermes du pays avait disparue. L’écotourisme mis en place dans la réserve indemnise les agriculteurs qui installent leurs plantations de noix de cajou, cocotiers et orangers un peu plus loin. Mais, à l’aise dans cet éden, les éléphants connaissent un véritable baby boom et bientôt la végétation de Shimba, saccagées par endroits, ne leur suffit plus. Ils brisent les clôtures de la réserve et effectuent des razzias dans les champs voisins. Les arbres à noix de cajou qui ont mis dix à douze années pour produire sont arrachés en quelques secondes. La vie des hommes devient infernale, particulièrement à la saison des récoltes. Toutes les solutions sont envisagées : patrouilles, clôtures électrifiées, frondes et percussions pour effrayer les pachydermes... mais rien n’y fait. La seule solution c’est l’expatriation de masse pour une destination déjà toute trouvée : le parc national de Tsavo Est, puis à terme, une vaste campagne de contraception. Des 49 000 pachydermes qui peuplaient Tsavo en 1950, il n’en restait plus que 5000 au début des années 1990 et près de 12 000 aujourd’hui. Eau et végétation sont disponibles à volonté pour accueillir 400 des 700 éléphants de Shimba. Mais déplacer ces pachydermes n’est pas une mince affaire !