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L’homme est un singe comme les autres

 
Entretien avec le primatologue Frans de Waal

Cette fois, c’en est fini de l’exception humaine ! Notre espèce, que le culte du rationnel hérité des Grecs avait placé au sommet de l’échelle du vivant, la Scala Naturae, est redevenue un primate comme les autres. C’est un spécialiste du comportement animal, le primatologue éthologue Frans de Waal, connu depuis les années 80 pour ses travaux novateurs sur la réconciliation et la politique chez les singes, qui l’affirme. Il n’est au fond pas étonnant que ce soit un spécialiste des singes qui brosse un nouveau portrait, pertinent et convaincant, de notre espèce. Ces animaux ont toujours joué un rôle fondamental dans la détermination de l’identité biologique de l’homme. Car depuis l’Antiquité, scientifiques, théologiens, naturalistes et philosophes se penchent sur le degré de parenté liant les singes à l’espèce humaine. La découverte en 1964 de la création et de l’usage d’outils par des chimpanzés, par la primatologue Jane Goodall, avait déjà fait voler en éclat une frontière importante que les philosophes avaient tracé entre l’homme et l’animal. Et incité un nombre croissant de primatologues, notamment issus de l’école japonaise, à prôner une révision de notre statut d’humain à part. L’observation de guerres inter-communautaires chez les chimpanzés sauvages, toujours par la chercheuse britannique, en 1975, fit l’effet d’un autre électrochoc. Compte tenu de la proximité génétique, comportementale et cognitive des hommes et des chimpanzés sans cesse révélée par la science, -ne partageons-nous pas 98,6% de notre patrimoine génétique et probablement quelques bribes des 1% restants, acquis en parallèle, au fil de l’évolution, par nos ancêtres respectifs ? - il fallut se rendre à l’évidence : cette violence, que nous partageons avec les chimpanzés, est naturelle, et a été sélectionnée par l’évolution. Dès lors, le chimpanzé devint un cousin bien encombrant et gênant pour notre généalogie. Jusqu’à ce que surgisse le bonobo, une nouvelle espèce de grand singe étudiée depuis les années 80, génétiquement plus proche d’Homo sapiens que ne l’est le chimpanzé. Pacifique, le bonono résout les conflits en douceur, en recourant aux calins et au sexe. C’est à travers l’étude détaillée des comportements de ces deux grands singes que Frans de Waal, dans son dernier opus « Le singe en nous », dépeint l’homme en tant que singe « bipolaire », à la fois agressif comme le chimpanzé et sensible comme le bonobo, qui a enfin descendu les barreaux de l’échelle pour s’en aller rejoindre le règne animal.

E.G. : - De récentes recherches en éthologie, en primatologie, en psychologie ou en anthropologie pulvérisent les dernières frontières entre l’homme et l’animal. Dans votre livre, vous décryptez ces nouvelles données concernant les chimpanzés et les bonobos. Vous décrivez en particulier chez ces espèces des comportements moraux que l’on pensait jusqu’ici propres à l’humanité, telle l’empathie qui consiste à comprendre et à être affecté par les émotions d’autrui. Peut-on en déduire qu’elle fut sélectionnée par l’évolution parce qu’elle permit à leurs ancêtres de survivre ?

F. de W. Les recherches sur l’empathie sont très intéressantes pour comprendre les fondements de la morale, que l’on peut définir comme un ensemble de règles de conduite dictées par la compassion. Si beaucoup de chercheurs se sont attachés à étudier l’empathie humaine, peu d’études en revanche ont porté sur les singes. Leur enseignement est pourtant capital car elles ont montré que l’empathie n’est pas un processus très complexe, contrairement à ce que l’on pensait, mais qu’il s’agit d’un héritage transmis au fil de l’évolution. Il existe plusieurs niveaux d’empathie. Le premier consiste à être affecté par les émotions des autres. Cette sorte de "contagion émotionnelle" existe chez tous les mammifères. Le degré supérieur consiste à comprendre les émotions exprimées par un congénère ; cette faculté serait le seul apanage des éléphants, des dauphins, des grands singes et de certains autres petits singes. Quant au troisième niveau, que l’on nomme théorie de l’esprit et qui consiste à comprendre non pas les émotions mais les intentions de l’autre, « je sais que tu sais » en quelque sorte, il est encore plus rare et n’existerait que chez les grands singes et l’homme. Ils partagent aussi un intérêt porté à d’autres espèces que la leur. Dans mon livre, je rapporte l’histoire de ce bonono qui avait soigneusement ramassé un étourneau étourdi après s’être cogné dans une vitre, avait grimpé à la cime d’un arbre et avait lancé l’oiseau après lui avoir déployé les ailes pour l’aider à s’envoler. Bref, l’empathie consiste finalement en un continuum. Il était à l’origine capital de comprendre les émotions d’autrui pour survivre et les comportements moraux sont apparus très tôt, venant se greffer sur l’empathie. Le sentiment moral se divise également en plusieurs niveaux. Le fait d’être apte à juger de la « moralité » d’une situation, dans laquelle nous ne sommes pas impliqués en tant qu’individu et qui ne nous affecte pas, est très certainement propre à l’espèce humaine.

E.G. : - Vous travaillez également au centre de primatologie de Yerkes à Atlanta sur les singes capucins. Que vous apprennent-ils sur les liens Hommes-Singes ?

Nous menons actuellement des études sur la manière dont les singes capucins réagissent face à l’inégalité. Les résultats en sont particulièrement intéressants. Au cours d’une expérience, deux capucins qui doivent effectuer une tâche simple à l’aide d’une pierre se voient attribuer des récompenses identiques, dans un cas, différentes dans l’autre. En guise de récompense, je leur donne à chacun un morceau de concombre et ils répètent sans problème l’expérience 25 fois de suite. Si en revanche, je donne un morceau de concombre à l’un, et un grain de raisin, beaucoup plus attractif, à l’autre, celui qui a reçu du concombre manifeste son mécontentement. Il rejette pierre et concombre, et refuse de poursuivre l’expérience. Les chimpanzés confrontés à une situation identique agissent de même. Chez l’homme, ce type de réaction est bien connue. Il s’agit d’une "aversion pour l’inéquité" (mot fabriqué à partir du terme anglais ‘inequity’ et signifiant ‘qui n’est pas équitable’).

E.G. : - Vous montrez finalement que cette aversion pour l’inéquité, dont on pourrait penser qu’elle est d’ordre culturel et philosophique, est finalement un caractère inné, un produit de l’évolution.

En effet, cette aversion pour l’inéquité existe chez de nombreuses espèces comme les capucins. Ces petits singes vivent dans des sociétés dont le fonctionnement est basé sur la coopération : plusieurs individus entreprennent une action pour atteindre un même objectif. Et dans ce type de société, chacun regarde ce que son voisin obtient comme récompense. Si vous obtenez moins que votre voisin, alors vous devriez faire moins que lui. Ainsi, en augmentant l’inéquité, vous réduisez la coopération. C’est une règle qui n’épargne pas nos sociétés occidentales. Ces études, qui sont en quelque sorte de nature économique, seront amenées à se développer considérablement dans les années à venir, de même que celles portant sur les cultures animales.

E.G. : - A ce propos, lorsqu’on observe les chimpanzés ou les capucins, on est frappé par leurs capacités cognitives très élaborées, telles que la conception, la fabrication et l’utilisation d’outils, ou la conscience de soi. Mais qu’en est-il de leur façon de communiquer ?

Les primatologues savent encore trop peu de choses sur la communication des grands singes et des primates non humains en général. Il y a eu quelques études faites sur les singes vervets et des macaques, mais tout ce pan de l’éthologie est encore très lacunaire. Pour les dauphins, les études sont relativement aisées car le chercheur enregistre des sonogrammes (l’enregistrement des sons) qu’il est facile ensuite d’étudier. Mais lorsqu’une composante visuelle s’ajoute aux vocalisations, cela devient beaucoup plus difficile à observer. Une de mes étudiantes travaille au Yerkes Primate centre sur la communication gestuelle. Un sujet de recherche passionnant car seuls l’homme et les grands singes y recourent. Je ne suis pas sûr que ces derniers soient capables d’adopter une forme de communication d’ordre symbolique que nous, humains, maîtrisons parfaitement, bien que certaines études l’aient suggéré. Ce qui n’ôte rien à l’étonnante complexité de leur communication naturelle puisqu’elle combine des vocalises, des gestes et des mimiques faciales. Les bonobos sont également prolixes en la matière, mais les chimpanzés font plus de combinaisons entre gestes, visage et vocalises, sans qu’on soit capable d’expliquer pourquoi. Dans un futur proche, nous aimerions travailler de manière plus poussée sur leurs systèmes de vocalisation.

E.G. : - Les grands singes nous ont cependant montré qu’ils étaient capables de recourir à l’abstraction et à des symboles pour communiquer avec une autre espèce. L’exemple actuel du bonobo nommé Kanzi et étudié par Sue-Savage Rumbaugh est surprenant à cet égard.

Kanzi, ce bonobo mâle, a en effet a développé un système de communication extrêmement complexe, utilisant des combinaisons de symboles non iconiques par l’intermédiaire d’un ordinateur, tout en comprenant le langage parlé des humains. Ce qui est très curieux, c’est que les chimpanzés avec lesquels on travaille à Atlanta comprennent, eux aussi, beaucoup d’anglais, bien qu’ils n’aient jamais été entraînés pour cela. Lorsque j’invite un chimpanzé à venir faire un test, si ce n’est pas l’individu qui m’intéresse qui se présente, je dis « va me chercher Georgia » par exemple, et le chimpanzé retourne dans l’enclos pour me l’amener. Ils ne connaissent et ne comprennent pas seulement leur nom, mais également celui de leurs congénères ! Je trouve ce degré de compréhension surprenant.

E.G. : - Peut-on expliquer cela par le fait qu’il existerait chez le chimpanzé un processus cognitif complexe, sous-jacent, une sorte de consensus comportemental implicite, lui permettant d’accéder à une communication d’un autre genre que celui dont il fait usage naturellement ?

Oui, en effet. D’ailleurs je peux vous en citer un exemple précis. Dans la nature, à certains moments, les chimpanzés effectuent des patrouilles aux frontières de leur territoire. Il leur faut alors être totalement silencieux s’ils veulent surprendre d’éventuels intrus. Or, tous semblent s’être accordés au préalable, de manière tacite, sur ce qu’ils allaient faire. Ils partagent le même état d’esprit. Qui a décidé cela et comment ils ont communiqué entre eux ? Nous n’avons pour l’instant pas de réponses à ces questions. Le système de communication des grands singes est bien plus élevé et complexe que ce que l’on croit.

E.G. : - En psychologie humaine, on distingue 5 grands traits de personnalité chez l’homme à savoir l’extraversion, la cordialité, la conscience, la stabilité émotionnelle et l’ouverture d’esprit. Y a-t-il eu des études similaires de faites chez les animaux et les grands singes en particulier ? Que nous apportent ces traits de personnalités commun dans la compréhension du lien Homme-chimpanzé ?

L’étude de la personnalité chez les animaux est un domaine en plein essor. Robert Yerkes, psychologue et éthologue, était un pionnier dans ce domaine. Au début du 20ème siècle, il avait déjà discerné l’ampleur des liens que l’homme entretenait avec l’animal et l’intérêt de faire des études sur la psychologie des animaux afin de mieux comprendre celle d’Homo sapiens. Des études récentes ont montré que les chimpanzés partageaient bien avec l’homme ces cinq grands traits de personnalité, ce qui laisse à penser que la construction psychologique des personnalités individuelles se fait chez l’homme comme chez les grands singes, en suivant le même schéma architectural. Ce n’est finalement pas tant une surprise que cela car, quiconque a observé intensément des grands singes dans leur vie quotidienne, s’aperçoit très vite des individualités et personnalités de chacun et fat immanquablement le lien avec l’Homme. Cette variation individuelle est passionnante et aujourd’hui cette étude des singularités comportementales et cognitives est devenue essentielle. Pour les grands singes, nous sommes passés d’une éthologie classique visant le groupe, l’espèce, à une quasi-ethnologie des sociétés primates.

E.G. : - Une étude génétique récente parue dans Nature montre que les ancêtres de l’homme moderne et du chimpanzé se sont séparés beaucoup plus tardivement que ce qui était admis jusqu’ici. Les liens entre les deux espèces actuelles seraient donc encore plus étroits qu’on ne le pensait. Que pensez-vous de ces résultats ?

J’ai pour ma part toujours pensé que les deux lignées s’étaient séparées il y a environ 5 à 6 millions d’années (voir encadré page 00), donc cette étude n’est pas une surprise en soi. Mais elle est néanmoins très intéressante puisqu’elle apporte une preuve de plus de la proximité entre nos deux lignées.

E.G. : - Comment interprétez-vous l’opposition farouche de certains paléontologues aux conclusions de cette étude ?

Il y a une trentaine d’années, lorsque les premières études basées sur l’analyse d’ADN sont parues, montrant que le chimpanzé était plus proche de l’homme qu’il ne l’était du gorille, cela fit déjà l’effet d’un choc dans la communauté des paléoanthropologues. Pour eux, les deux branches évolutives se sont séparées très précocement et il existe donc un fossé entre la lignée des Hommes et celle des Chimpanzés/Bonobos. Ils sont farouchement opposés à l’idée d’une évolution conjointe. Il faut dire que chaque paléontologue ou presque a découvert un fossile intéressant, un ancêtre potentiel, qu’il veut à tout prix placer sur la branche principale de l’évolution de l’homme et surtout pas sur un rameau secondaire. Or, l’évolution engendre un foisonnement de branches secondaires qui, pour beaucoup, finissent en cul de sac. Nombreux sont les fossiles qui devraient figurer sur ces voies sans issue. L’enseignement qu’on en tire est d’ailleurs tout aussi intéressant puisqu’il apporte des informations sur ce qui a eu du succès en matière d’évolution et ce qui a conduit à des impasses. Mais chaque paléontologue s’accroche à la branche principale ! La même chose se produit d’ailleurs dans le milieu de la primatologie : les chercheurs ‘bonobo’ et ‘chimpanzés’ se battent pour savoir qui travaille sur le plus proche cousin de l’homme.

E.G. : - Toujours ce lien à l’homme !

Oui, mais une étude récente parue dans Science devrait au moins boucler ce débat là, puisque Hamock & Young ont montré qu’un petit segment d’ADN commun aux bonobos et aux hommes manque aux chimpanzés. Ce qui signifie qu’au concours du plus proche cousin, ce sont les bonobos qui gagnent. Ce qui est particulièrement intéressant dans l’étude de Nature et dans beaucoup d’autres études génétiques, c’est que l’on démontre que l’espèce humaine n’est finalement pas si spéciale que cela, contrairement à ce que beaucoup veulent penser !

E.G. : - L’étude avance également l’hypothèse que les deux espèces en cours de spéciation se seraient longuement hybridées. Trouvez-vous cela plausible ou fantaisiste ?

Cette longue hybridation est et restera certainement une théorie impossible à prouver, mais l’idée est très intéressante. Nous sommes effectivement bien plus proches des chimpanzés et bonobos que tout ce que nous avions imaginé auparavant.

E.G. : - Dans votre livre, vous parlez beaucoup de cette ambivalence des hommes : le côté bestial, brutal et agressif, d’une part, et la bonté, l’humanité, d’autre part. Vous citez cette fameuse réplique de Katharine Hepburn dans African Queen « La nature, Mister Allnut, est là pour que nous nous élevions au-dessus d’elle. » Pourquoi refuser ainsi notre part de ‘sauvage’, notre appartenance à la nature ?

Je pense que c’est lié au fait qu’en Occident, un certain courant culturel ancré dans le christianisme prône le fait que tout ce qui est mauvais provient de la nature. A l’inverse du mythe du bon sauvage, ce courant encore répandu de nos jours stipule que le bon, la bonté viendraient de la civilisation. Pour caricaturer, la chair est faible. Egoïstes et agressifs envers autrui, nous devons lutter contre notre nature pour devenir vraiment humains. Une idée défendue en arguant de la loi de la jungle, de la loi du plus fort. Dans mon livre, j’explique justement que cette loi n’est pas la seule en vigueur dans la nature. Prenez l’exemple de Mozu, cette femelle macaque handicapée qui est nourrie et aidée par ses congénères. Seule, elle ne pourrait survivre. Sa communauté l’a prise en charge sans en tirer avantage. La nature n’est pas aussi dure que certains se plaisent à le croire. Au Japon par exemple, ce fossé entre l’homme et l’animal est moindre. Les Japonais pensent que l’âme peut voyager de l’un à l’autre. La différence de point de vue s’explique aussi par le fait qu’en Europe, il n’y a jamais eu de singes sauvages, donc d’espèces animales très proches d’Homo sapiens, tant par leur apparence que par leur comportement. Il était d’autant plus facile d’y entretenir pendant longtemps l’idée que l’homme était très différent des autres animaux.

E.G. : - Comment interprétez-vous le fait que beaucoup de personnes éprouvent une gène, lorsqu’elles se trouvent face aux singes dans les zoos, un léger malaise qui se traduit souvent par un irrépressible désir de se moquer de ces primates forcément ridicules ?

La relation que l’homme entretient en Occident avec les singes oscille entre fascination et répulsion. Nous avons beaucoup de mal à accepter l’image de nous-même que les singes nous renvoient, tel en miroir. En voici un très bel exemple. A l’époque victorienne, on pouvait voir au zoo de Londres un numéro au cours duquel des chimpanzés habillés selon le code vestimentaire de l’époque prenaient le thé. Ce show avait pour objectif de singer grossièrement l’homme. S’il mettait en scène nos similitudes, c’était pour mieux mettre l’accent sur nos différences. Desmond Morris, cet éminent zoologue et naturaliste britannique qui a plus tard assisté à des spectacles de ce genre, raconte que les chimpanzés excellaient tant dans leur façon de nous mimer que leurs dresseurs leur avaient appris à commettre des erreurs, comme de renverser sa tasse, afin de préserver l’égo des spectateurs. L’homme créait une fausse distance entre l’homme et le chimpanzé pour se rassurer quant à sa supériorité.

E.G. : Aujourd’hui, les grands singes, orangs-outans, bonobos, chimpanzés et gorilles sont particulièrement menacés. Leur disparition vous semble-t-elle inévitable ou voyez-vous quelque espoir ?

En ce moment, je suis très pessimiste, parce que selon les prédictions des experts, en 2050 les grands singes auront disparu de la planète. Dans les années 1980, c’était surtout la capture d’animaux pour les zoos et les centres médicaux qui posaient problème. Mais à ces maux sont venus s’ajouter la déforestation et le trafic de viande de brousse à grande échelle. J’espère que mes écrits aideront à sensibiliser l’opinion publique et l’inciteront à se mobiliser. S’il est difficile de donner des leçons aux pays abritant les grands singes, nous pouvons, en Europe, au Etats-Unis, tenter d’inverser les choses en arrêtant d’acheter du bois tropical par exemple. Si son exploitation cesse d’être rentable, l’exploitation des forêts régressera. Nos gouvernements doivent prendre des mesures pour stopper cet afflux de bois tropical qui résulte du pillage des dernières forêts tropicales de la planète, et préserver ainsi l’habitat de ces espèces en sursis.

Propos recueillis par Emmanuelle Grundmann pour Science & Vie (Juillet 2006)