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Gorille : un doux géant végétarien

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Sous des allures de brute épaisse ayant alimenté mythes et scénarios cinématographiques, se cache un doux géant végétarien. De plaine ou de montagne, il existe quatre sous-espèces de gorilles occupant des biotopes tout aussi différents que les forêts de montagne où dominent bambous et lobélies géantes et les forêts équatoriales denses et moites du bassin du Congo. Les gorilles vivent en harem d’une dizaine d’individus - des femelles accompagnées de leurs jeunes- dominés par un, voire deux mâles adultes caractérisés par des poils dorsaux argentés. De 70 kg pour les femelles à 160 kg pour les mâles, ce sont les plus gros primates. Particulièrement imposant, le dos argenté parade en tambourinant sur sa poitrine et n’hésite pas à charger face au danger. Contrairement à leurs cousins qui aiment dormir dans les hauteurs, les gorilles construisent leurs nids quotidiens à même le sol.

Rendus célèbres par le travail et le dévouement de la primatologue Dian Fossey, assassinée fin 1985 pour avoir très certainement approché les commanditaires du trafic de ces grands primates de trop près, le gorille de montagne doit sa survie à sa médiatisation et à l’écotourisme qui s’en est suivi. Hôtes des forêts d’altitude du parc national des volcans et de la forêt impénétrable de Bwindi, ils sont aujourd’hui 720, répartis entre le Rwanda, la RDC et l’Ouganda. Surveillés, choyés, les gorilles de montagne permettent, via un écotourisme assez onéreux et donc de nombreuses opportunités d’emploi qui y sont liées, aux communautés environnantes de vivre assez confortablement.

Moins connu et plus difficilement accessibles, les gorilles de plaine ne peuvent se targuer du confort relatif de leur cousin vivant en altitude. L’exploitation de Coltan, un alliage de niobium et de tantalum, utilisé pour la fabrication de composants électroniques entrant dans la fabrication des téléphones portables ou des consoles de jeu, met à mal les populations de gorilles de plaine de l’est, localisées dans des zones riches en minerais. Plus à l’ouest, ce sont les épidémies à répétition d’Ebola, un filovirus provoquant des fièvres hémorragiques, qui déciment parfois jusqu’à 90% des populations de gorilles d’un site donné. Cela sans compter le braconnage et le commerce de viande de brousse également florissants.

Car il est difficile d’effectuer des recensements dans ces conditions, les scientifiques n’osent avancer de chiffres précis quant aux effectifs de populations de gorilles de plaine. Il semble cependant certain qu’ils soient aujourd’hui moins de 100 000 et que leur nombre ne cesse de chuter.

E. Grundmann