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Orang-outan : l’ermite roux des forêts de Bornéo et Sumatra

Grands Singe : Qui sont-ils ?
 

|(JPG) | De tous les grands singes, siamangs et gibbons exceptés, les orangs-outans sont les seuls à vivre sur le continent asiatique. Ce sont aussi les plus solitaires même si ce trait de caractère est surtout lié à des contraintes environnementales. Ainsi, à Sumatra, dans des forêts où les fruits sont plus abondants qu’ailleurs, les grands singes roux se regroupent et entretiennent une vie sociale intense qui se traduit par des traditions transmises de génération en génération comme l’utilisation d’outils pour ouvrir certains fruits.

|(JPG) | On distingue aujourd’hui deux espèces d’orangs-outans. Si Pongo abelii vivant à Sumatra possède un pelage très orangé, celui-ci peut, à l’est de Bornéo virer au brun chocolat. Le visage de ces derniers est également plus rond, presque lunaire chez les mâles adultes contre une physionomie faciale plus allongée chez les orangs-outans de l’île voisine. Ces primates roux sont les plus grands mammifères strictement arboricoles. Seuls les gros mâles, arborant ce disque facial caractéristique, signe d’une maturité sexuelle, se déplacent parfois au sol. Grands nomades, ils sillonnent la forêt à la recherche de fruits mais aussi d’écorce ou de feuilles dans une forêt particulièrement complexe car imprévisible. A Bornéo comme à Sumatra, les fructifications sont irrégulières et suivent le rythme du phénomène météorologique El Nino. Ainsi tous les 5 à 6 ans, la forêt explose de fleurs et les arbres fructifient en masse, pour le plus grand bonheur des orangs-outans.

Si l’orang-outan de Bornéo dispose encore d’un certain sursis suite à la découverte de nouvelles populations dans l’est de Kalimantan, la partie indonésienne de l’île, ramenant la population à quelques 30 000 individus au total, il est en revanche déjà très certainement trop tard pour le grand singe roux qui arpente encore les quelques rares forêts indemnes de Sumatra et dont les effectif chutent de près de 1000 individus par an, pour se situer aujourd’hui entre 3 et 5000 contre plus de 80 000 il y a à peine un siècle.

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Condamné, l’orang-outan l’est par l’exploitation forestière qui dévore les surfaces boisées à un rythme effréné. Huile de palme, pâte à papier, contreplaqué, mines d’or... aujourd’hui, même les parcs nationaux ne sont plus épargnés par ces fléaux, dont le dénominateur commun est appelé ‘profit à tout prix’. Ainsi, la construction de la « Ladia Galaska », une route dont le tracé coupe le parc national de Gunung Leuser, l’un des derniers écosystèmes de forêt primaire jusqu’alors préservé, ouvre cette zone au bûcheronnage, tant ‘légal’ qu’illégal. De plus, la reconstruction de la province d’Aceh suite au tsunami entraîne dans son sillage une très forte demande en matériaux de construction, que le gouvernement indonésien compte aller chercher... dans le parc national. L’implantation de multinationales étrangères exploitant les ressources naturelles du pays et la corruption effrénée vont, à n’en pas douter, si aucune mesure sérieuse du gouvernement n’est entreprise, avoir raison des orangs-outans d’ici quelques années.

E. Grundmann